mardi 25 octobre 2016

Rétro: Fahrenheit


Nous sommes en 2005 sur XBox, Playstation 2 et PC, plateformes où David Cage et son studio Quantic Dream sortent leur second jeu vidéo. Après un premier titre très réussi mais en avance sur son temps - The Nomad Soul sur PC et Dreamcast - voilà qu'on nous promet un film interactif, une histoire où le joueur influera sur le scénario via ses décisions. Si j'avais été bluffé à l'époque, il en est autrement aujourd'hui tant d'autres jeux ont fait cela en plus approfondi (Heavy Rain du même studio mais aussi The Walking Dead ou encore Until Dawn), et pourtant Fahrenheit garde pour lui pas mal de qualités. Ainsi que de vilains défauts.


 L'histoire nous fait diriger à la fois la cible et ses traqueurs, une double vision du scénario qui est pour moi le point fort du jeu. Lucas Kane d'abord, un type lambda qui se retrouve assassin d'un parfait inconnu, manipulé par une force surnaturelle dans cet acte. Deux flics ensuite - Carla Valenti et Tyler Miles - enquêtant sur ce crime. Une enquête policière aux frontières du réel des plus passionnantes peut alors débuter.


Le gameplay se divise en deux phases distinctes: investigation et action. Dans la première, le personnage que l'on joue va enquêter, fouiller le décor à la recherche d'indices, poser des questions (ces dernières ne pouvant jamais être posées en totalité; seulement deux sur quatre par exemple, à nous de choisir l'orientation de l'interrogatoire). Les actions du fuyard vont influencer celles de ses poursuivants - nettoyer ou non la scène du crime, partir en taxi ou en métro - mais on se rendra vite compte que les incidences réelles sur la fin du jeu sont nulles. En réalité, les choix que l'on fait jouent sur la personnalité des personnages mais n'influent en rien sur un scénario fixe (même si différentes fins se décident... à la fin); une sorte de poudre aux yeux que les titres suivants de Quantic Dream vont eux véritablement exploiter.


Le côté action maintenant fait dans le QTE à outrance, avec des séquences longues à n'en pas finir et punissant le joueur à la moindre erreur. Bien mises en scène mais énervantes, elles seront reprises là encore par les oeuvres suivantes du studio mais sous une forme assouplie et bien plus agréable. A noter que le déplacement des persos via le stick analogique de la manette est bien mal adapté, la faute à des angles de caméra cinématographiques certes bons pour l'ambiance mais gênant le gameplay.


Les défauts d'hier sont encore plus visibles aujourd'hui, cependant l'expérience Fahrenheit reste un grand moment du jeu vidéo et l'un des précurseurs dans ces expériences narratives qui marquent les joueurs. Son histoire, ses protagonistes, sa touche d'humour et sa durée de vie - rejouable - font du titre une belle pierre à l'édifice liant jeu et cinéma. Disponible sur PC et PS4 dans des versions un chouïa liftées, à destination des nouveaux venus.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire